Nos bénévoles vont à Poulallé et partagent leur expérience


Nathalie, Catherine et Jean Yves - Septembre & Octobre 2018



                                                                Voyage de septembre-octobre 2018

Compte-rendu de Nathalie

Quel plaisir de voir la nature aussi verte ! Le sorgho et le mil perlé sont hauts, les petites rizières montrent de beaux épis, les champs de haricot et d’arachide sont prêts pour la récolte. Tous les recoins du village sont occupés par des cultures : quelques plans de tabac, un peu de coton, du chanvre, du gombo, du bissap. C’est une année faste. Au début de mon séjour, le maïs était déjà récolté. En trois semaines, j’ai vu six bonnes pluies. Les villageois commençaient à récolter les haricots, les arachides, le riz......

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Compte-rendu complet de Nathalie - Voyage septembre-octobre 2018
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Une journée de bénévole sur place

Une journée type au village : Jeudi 11 octobre 2018 – vécue par Catherine et Jean Yves

 

Nathalie était à Poulallé depuis déjà 2 semaines quand nous l’avons rejointe. La rentrée des classes était déjà faite, les fournitures remises aux élèves… et nous avons participé à toutes les autres rencontres.

Ce jour-là pas de déplacement au programme de la journée mais beaucoup de rencontres avec les groupements féminins et les jeunes pour le courrier.

Nous arrivons le matin à Poulallé à 8h et déjà la cour commence à s’animer avec les petites visites de bonjour de voisins et amis : que de mains à serrer ! …

 

(Voir le texte complet et les photos ci-après)

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La journée bien remplie à Poulallé d'une bénévole de Burkin'Amitié
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Photos septembre - octobre 2018



Séjour de Coralie - septembre & octobre 2017


Compte-rendu du voyage de septembre-octobre 2017

Coralie Mounier

 

3 ans …

3 ans, c’est long. Il s’en passe  des choses. Les enfants grandissent, les étudiants progressent, les familles s’agrandissent, le pays évolue. Quel bonheur de revoir les visages connus, de retrouver les nuits sous le ciel étoilé et la lune que l’on ne peut pas éteindre comme le demandait souvent Yaaba. Je repars avec ma « Vieille » (Nathalie), ma compagne de route. A deux nous sommes plus fortes. Notre histoire a commencé sous le soleil africain il y a de cela 6 ans, et je suis tellement contente de repartir avec elle pour en écrire une de plus.

Ce fut pour moi un voyage court mais intense. Intense d’émotion et de travail.

La rentrée des classes, quel boulot !

 

Rencontre avec les élèves qui amènent leur bulletin, en échange nous leur donnons les lettres écrites par les parrains/marraines. Ces lettres si chères à leurs cœurs. Je répète l’importance de ce simple courrier qu’ils attendent impatiemment. Je ne peux vous décrire la déception sur leur visage quand il n'y a rien à lire.

Lecture des bulletins scolaire et inscriptions sur les feuilles, des notes des 3 trimestres et de la moyenne annuelle. C’est parfois le moment où l’on tire les oreilles de certains, et où l’on félicite les autres. Nous rappelons l’arrêt du parrainage si l’enfant redouble une seconde fois dans le même cycle.

Nous informons des réunions à venir. 3èmes et 4èmes, 2des 1ère et terminales. Les réunions sont pour nous l’occasion de discuter avec eux sur l’année qui va arriver, les rassurer, les booster, les mettre en garde. Nathalie excelle dans le rôle du prof qui parle aux élèves. Elle fait un merveilleux travail lors de ces réunions. Nous discutons aussi de leurs inquiétudes, des soucis rencontrés dans leur vie d’étudiants.

Il faut également gérer les problèmes d’exclusions des lycées, les grossesses inattendues, et j’en passe. Cette année nous avons été confrontés à des élèves exclus de leur lycée, qui partent s’inscrire dans un lycée privée (je rappelle qu’une moyenne générale en dessous de 7, qu’un âge au-dessus de 20 ans n’est plus admis en classe de 2de, et qu’un second redoublement exclut l’enfant). Alors nous soulignerons la réactivité des élèves, à s’inscrire ailleurs pour assurer la continuité de leur études. Mais le prix de la scolarité est le double ou le triple dans un lycée privé (65 000 et 70 000 fcfa soit 100 et 105€), nous devons alors rencontrer les parents afin de savoir qui va prendre en charge la différence de prix. Les parents le plus souvent se responsabilisent  pour assurer la scolarité, et rajouter l’argent pour compléter celui donné par les parrains/marraines. Nathalie et moi-même sommes face à des situations compliquées mais le dialogue est notre force.

Nous revoyons les grands, les anciens parrainées, ceux qui sont en facultés, les échanges vont bon train.

Puis vient le temps des listings, d’élèves, de classes, et de fournitures. Une fois cette étape faite, nous partons dans chaque établissement pour rencontrer les directeurs, et leur remettre nos listes avec l’argent de la scolarité. Les fournitures ayant été achetées, il faut faire les sacs par classes et par élèves. Je peux évidement compter sur Yssouf pour m’aider dans cette tâche. Nous effectuons les distributions.

Certains élèvent commencent à venir avec leur lettre, corrections, relecture.

Nous sommes allées jeter un coup d’œil  au « continuum », ce fameux collège de Poulallé, eh bien surprise ! Le directeur accompagné des habitants parents d’élèves ont bien avancé. Les murs sont montés, les bancs tables achetés, le toit de deux salles tôlé. Seulement les finances ne permettent pas de finir le toit de la 3ème classe et de construire un bureau indispensable aux enseignants pour corriger au calme les copies et ranger les papiers. Au vu du travail accompli et à l’investissement des villageois et du directeur, nous ne pouvons qu'accéder à leur requête. Nous sommes heureuses de voir que pour une fois le village n’attend pas que l’association arrive pour se prendre en main, et nous soulignons l’investissement et l’intérêt du directeur pour le collège.

Je suis allée voir l’école B où là, malheureusement, le travail de rénovation des murs suites aux pluies qui ont tout cassé est colossal. Mais nous sommes d’accord pour dire que cela concerne maintenant les parents d’élèves et non l’association, qui a déjà donné un coup de pouce conséquent.

J’ai eu la chance d’aller me promener sur les bords du bouli avec mon ami Boudy. Cette grande étendue d’eau qui sert à faire boire le bétail, où les villageois viennent puiser l’eau pour faire la lessive, arroser les cultures, faire les briques de terres etc… mais la beauté du spectacle est vite détruite par ce que m’annonce Boudy. Ce bouli est à sec du mois d’avril au mois de juin juillet environ. Difficile à le croire quand je vois ce que j’ai sous les yeux. Pourtant, cette eau, ce liquide si précieux à la vie quotidienne, à la culture, disparaît durant 2 à 3 mois. Sécheresse ! La culture de la tomate, des oignons est par exemple impossible dans cette région car elle demande beaucoup d’eau que les paysans ne peuvent fournir au vu du niveau d’eau du bouli. Il faudrait creuser le bouli et agrandir ses berges. Après de longues discussions, nous demandons à ce que les villageois se renseignent sur des devis et des études de sol. Et qu’ils se rapprochent d’ONG afin de pouvoir se coupler avec nous, les travaux trop sont coûteux pour notre petite association. Mais il faut tenir compte de ce malheur et s’y intéresser de plus près. Le dérèglement climatique, la saison des pluies qui démarre de plus en plus tard, et qui est insuffisante, posent problème dans ces régions.

Nous prenons le temps pour aller saluer notre Sœur Noélie au CREN de Pissila et pour rencontrer les anciens parrainés, les grands qui travaillent…

Il est presque temps pour moi de regagner le froid de la France. L’heure n’existe plus dans ce village de brousse. Je suis comme hors du temps, hors du monde moderne de l’Europe.

Les quelques jours passés là-bas, se sont évaporés dans cette chaleur écrasante, dissous dans cette poussière étouffante.

Le temps des adieux est arrivé, ces adieux si différents de ceux que je peux connaître en France. C’est donc le cœur lourd que je quitte mes amis de Poulallé pour regagner le chahut de Ouagadougou. Les bagages sont bouclés et l’attente à l’aéroport peut commencer ! Vive l’Afrique. Les discussions, les rires et les jeux avec les enfants. Les galères, les coups de gueules, les fous rires, tous ces souvenirs sont là pour me tenir compagnie.

 Nath’, Ma vieille ne change rien à ta bienveillance, à ton humour et à ta capacité d’adaptation, tellement de qualités que tu as en toi. Encore un plaisir d’avoir partagé tout cela à tes côtés. Je voulais aussi remercier un ange tombé du ciel pour m’avoir permis de retourner là-bas.

 

 

Coralie MOUNIER

 

 


Nathalie - septembre & octobre 2017


Compte-rendu du voyage de septembre-octobre 2017

Nathalie Lejbowicz

 

Cette année, je suis restée six semaines au Burkina Faso. C'est beaucoup ! Mais heureusement, je n'étais pas seule. Coralie était là les dix premiers jours et Julie est venue prendre le relais jusqu'à la fin du séjour.  Elles ont l'expérience du village et du travail à faire. Et le dynamisme ! Quel plaisir de ne pas être seule, de partager les points de vue, de rire et de râler ensemble ! Un grand merci à elles, car ce voyage a un coût financier, en temps pris sur les congés et sur la vie de famille, en fatigue.  Ne croyez pas que ce sont des vacances...

 

État général du village

Les cultures ne sont pas satisfaisantes. Les pluies se sont arrêtées beaucoup trop tôt. Durant les six semaines passées au village, nous avons vu deux pluies (très moyennes), à peine de quoi ramollir le sol pour récolter des arachides pendant un ou deux jours. Les épis de mil sont maigres. La « soudure » (période entre fin de consommation des récoltes passées et prochaines récoltes) risque d’être très dure. On redoute une famine.

C’est la « saison » des crises de paludisme. Elles touchent tous les âges et sont violentes. Parfois, une perfusion est nécessaire pour sauver le malade.

Nous avons rendu visite aux quartiers les plus éloignés : Silmiougo et Nakombgo. L’accueil a été chaleureux. Les femmes y sont bien organisées. Mais tous nous ont parlé du manque d’eau, problème crucial.

 

École A

L’équipe enseignante est complète mais les locaux sont délabrés et les effectifs très lourds : 107 en CP1, 104 en CP2, 82 en CE1, 126 en CE2, 101 en CM1 et 90 en CM2. L’école a obtenu de l’ONG Plan la réparation du toit (peut-être pendant les congés de Noël). Reste le problème de l’eau (voir le paragraphe Forages) et des latrines vétustes et insuffisantes avec le voisinage de trois classes du CEG. Nous avons laissé une petite aide pour le matériel scolaire.

 

CEG

Les villageois, motivés par le directeur, ont lancé la construction de la 4ème salle de classe et d’un bureau pour l’administration.

Pour se financer, ils ont organisé une kermesse en juin, ont fait appel à des cotisations volontaires, ont demandé l’aide de différents ressortissants installés à Ouaga ou ailleurs, ont cultivé un champ collectif de haricots, ont récolté des contributions en nature (sacs de ciment, agrégats, etc.). Lors de notre arrivée, Coralie et moi avons visité le chantier. À 10 jours de la rentrée, il manquait des fonds pour finir de payer les tôles, les fenêtres et la dalle de ciment. Étant donné l’avancement des travaux et l’approche de la rentrée, nous avons décidé de fournir une aide de 2700 €. L’équipe directeur-enseignants-parents d’élèves nous a apporté toutes les factures justifiant l’utilisation de cette somme et nous a invitées après la rentrée à partager un repas dans la nouvelle salle.

Voici quels sont les effectifs : 55 en 6ème, 48 en 5ème, 19 en 4ème et 15 en 3ème. Le CEG de Poulallé recrute sur plusieurs villages.

 

École B

La mairie de Pissila a accordé la construction de latrines. Julie et moi avons visité le chantier. Mais pour le reste, peu de changement en cette quatrième rentrée. Certains murs ont été partiellement reconstruits en briques de ciment, quelques « rideaux » de paille ont été suspendus pour arrêter le soleil. Mais les seuls tables-bancs de cette école sont ceux que nous avons achetés il y a trois ans. Il n’y a presque pas de livres. Et surtout, il n’y a toujours pas de forage ! Le manque d’eau est dramatique. Nous avons accordé une aide de 300 € pour du matériel scolaire.                                              Nous avons laissé au Maire de Pissila et à l’Inspecteur du secteur une lettre attirant leur attention sur la situation catastrophique de cette école.

Voici les effectifs : 55 en CP2, 67 en CE1 et 85 en CE2. Faute de place et d’enseignant, il n’y a pas de recrutement cette année en CP1. Cela va aggraver la situation de l’école A…

 

Forages

La nappe phréatique s’épuise au forage Jacob et à celui de l’école A. De plus, ces deux forages ont des comités de gestion qui gèrent bien mal : entretien, réparations, cotisations des villageois… Visiblement, d’autres forages sont mieux entretenus. Il faudrait envisager un nouveau forage au nord de l’école A. Nous avons payé (57 €) la réparation du forage de l’école A car nous ne pouvions envisager que les élèves du primaire et du CEG soient privés d’eau dans cette région sahélienne.

 

CSPS (Centre de santé et de promotion sociale)

Il s’agit du dispensaire et de la maternité. Rien de neuf de ce côté. Je me dispense de commentaire. Nous avons vu des villageois nettoyer les abords du CSPS.

 

Groupements féminins

C’est avec beaucoup de plaisir  que nous avons retrouvé les 20 groupements féminins (culture et élevage) de Poulallé. Ces femmes sont bien organisées et font preuve d’un grand courage. Les remboursements des microcrédits se font régulièrement. Dix groupements ont bénéficié d’une nouvelle formation en janvier dernier.

Nous proposons à Burkin’Amitié de participer au financement d’un magasin unique pour entreposer les semences et les récoltes. Actuellement, les femmes gardent leurs sacs de haricots ou d’arachides dans leurs cases, sans protection contre les rats et autres nuisibles.

 

 

Parrainages

Parmi nos filleuls, il y a eu 5 réussites au bac et 7 réussites au BEPC. Il faut noter que quatre de nos anciens filleuls ont également obtenu le BEPC. Cela prouve que l’aide que vous avez apportée pendant quatre ou cinq ans permet à ces jeunes de continuer seuls quand ils en ont la volonté.

Il faut aussi noter plusieurs réussites à des concours de recrutements de fonctionnaires.

Nous avons arrêté 8 parrainages (dont deux pour grossesses). Nous communiquerons aux parrains/marraines les résultats de leurs filleuls.

Le nouveau système de parrainage pour les enfants du CEG modifie les rapports avec les collégiens et leurs familles. Burkin’Amitié a équipé tous les enfants de Poulallé ayant obtenu leur entrée en 6ème au CEG : sac d’école, cahiers, crayons, bics, etc, quelques produits d’hygiène, une lampe torche, un dictionnaire de français… Tous les élèves de 5ème (non redoublants) ont eu leurs fournitures scolaires. De même pour les élèves de 4ème. Ceux de 3ème ont eu les fournitures ainsi que des annales pour préparer le BEPC. Les familles se chargent de payer les frais de scolarité.

 

Plusieurs enfants de 6ème et de 5ème demandent à correspondre avec des amis de France. Si vous êtes intéressés  par ce contact personnalisé, contactez nous. Nous vous communiquerons une lettre de l'enfant et nous vous indiquerons comment lui écrire.

 

 La saison agricole a été mauvaise et l'on peut redouter une famine en 2018. Vos dons seront les bienvenus si nous devons acheter des céréales pour le village.  

Merci à tous !


Quelques photos correspondant au compte-rendu de Nathalie

Voyage de Babeth Mourzelas - Janvier 2015

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